Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...Depuis ce 8 mai, nous avons un nouveau Président et je publie un nouveau billet. Un hasard ? Je ne crois pas...

lundi 26 mars 2012

Dis moi ce que tu lis...

Très longtemps, j'ai été abonné au Nouvel Observateur
Toutes les semaines, j'attendais avec impatience l'arrivée de ma revue. Dès qu'elle était déposée dans la boite aux lettres, je m'en emparais et déchirais avec gourmandise la pochette de cellophane. Je n'ouvrais jamais immédiatement le journal. J'attendais le bon moment. 
Et le bon moment finissais toujours par arriver.
Quand l'heure de me rendre aux toilettes sonnait, je me munissais de mon Nouvel Obs et m'installais sur le pot. Car je n'ai jamais lu un seul article de ma revue en dehors de ce sympathique endroit exiguë. 
A ce moment de mon billet, il serait peut-être nécessaire de faire appel à un psychologue, voire à un psychiatre pour analyser mon cas. 
D'autant que ma lecture respectait un cérémonial immuable : Tout d'abord, feuilletage de la 1ère à la dernière page, sans lire aucun article. Puis début de lecture par l'éditorial de Jean Daniel, toujours de haute tenue intellectuelle et pas forcement facile à assimiler, ensuite les articles courts. Je gardais le dossier de la semaine pour plus tard avec la chronique de Delfeil de Ton qui clôturait ma lecture. 
Cette technique me permettait de terminer mon hebdo pile au moment de l'arrivée du suivant. Quand par malheur un décalage se produisait dans la distribution, je vous laisse imaginer le drame et les répercutions sur l'équilibre de mon transit.
Naturellement, cette pratique impliquait un temps d'occupation des lieux hors normes, ce qui n'allait pas sans poser quelques problèmes. 
Pour les autres. 
Heureusement, nous avons toujours eu la chance d'avoir deux toilettes dans nos logements, ce qui permettait de gérer les urgences.
Puis j'ai commencé à me lasser. Ce qui m'a agacé, ce sont d'abord toutes ces sollicitations continuelles, ces prospectus joints dans la pochette de la revue. J'avais pris l'habitude de les jeter sans même les ouvrir. 
Mais plus grave, c'est le contenu du journal qui a fini par me lasser.
Les pages consommations par exemple, truffées de présentation d'articles luxueux, de reportages dans des contrées lointaines, d'essais de voitures haut de gamme, le tout à des prix hors de portée du lecteur moyen. Je pensais que l'Obs était un journal de gauche...Certes, être de gauche n'implique pas forcément d'être nécessiteux, mais tout de même, une certaine limite devrait s'imposer à la rédaction.
Ensuite, les "marronniers". Il s'agit de ces articles qui reviennent régulièrement sur des sujets récurrents : le prix de l'immobilier, le classement des cliniques, des lycées etc...etc...
Enfin, la dérive publicitaire. Il est compréhensible qu'un journal ait besoin pour vivre de recettes liées à la publicité. Mais tout de même, trop c'est trop. Ces derniers temps, le Nouvel Obs était devenu une succession de pub, entrecoupée d'articles journalistiques. 
Le Nouvel Obs est devenu le porte drapeau d'une gauche sclérosée et repue de plus en plus contestée par sa base.
J'ai donc résilié mon abonnement. 
Et depuis je m'ennuyais aux toilettes...
Présentant cette fin radicale, je m'étais m’intéressé à une autre revue, Le PointHélas, malgré mes efforts, je n'ai jamais vraiment accroché. Très vite, exit Le Point.
Pour me tenir informé, je me suis mis à consulter les sites internet des principaux journaux. C'est bien, mais il me manquait le contact physique avec un support papier. Je suis revenu à mes premières amours. Il y a longtemps, très longtemps, je lisais l'Evènement du Jeudi. C'est donc tout naturellement que je me suis tourné vers Marianne. Ce journal combat la pensée unique. Volontiers provocateur, il assure son indépendance en assurant 95 % de ses recettes par les ventes. Les publicitaires n'y dictent donc pas leurs oukases. J'y ajoute les trois raisons suivantes :
     -JF Kahn, le fondateur. A mes yeux un des meilleurs journalistes actuels, très critique mais lucide dans ses analyses et extrêmement cultivé. Ereinté par les biens-pensants suite à ses prises de position, il avait annoncé son retrait du journalisme. Une promesse qu'il n'a pas tenue, et c'est tant mieux !
     -Jacques Julliard. Son éditorial ouvre le journal et sa lecture est toujours un grand moment. A 77 ans, il est bien plus moderne que nombre de ses confrères plus jeunes. Homme de gauche, mais très critique envers celle-ci "Qu'est-ce qu'un homme de gauche doit faire de plus ? D'abord, commencer à ne plus réfléchir comme un banquier" . Habité d'une grande intégrité morale, il n'a pas hésité, au bout de 32 ans, à quitter le Nouvel Obs pour cause de désaccord sur la ligne éditoriale du journal. Tiens tiens ! 
     -Alain Rémond. Son billet, finement intitulé "Faut voir" est la dernière page de la revue. Dans ceux-ci, il disserte sur ses sujets de prédilection : la malveillance des objets domestiques, l'absurdité de l'administration ou  le comportement de ses contemporains, le tout dans un style humoristique qui me réjouit.
Une regret cependant, la chronique "le journal mythomane"de Nicolas Bedos. Le fils de l'autre, mais en beaucoup moins bien. Son humour se situe très largement au dessous de la ceinture et je vous défie de lire un de ses billets graisseux sans y trouver les mots cul, drogue, alcool...Personnellement, je zappe.
Je ne me suis pas abonné, m'évitant ainsi les affres d'un retard de distribution et pour le plaisir d'aller chez mon libraire le samedi matin pour acheter ma revue.
Dis moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es...
Et vous, que lisez-vous ?
Portez-vous bien.