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samedi 30 juillet 2016

Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner...

Dans 101 jours, c'est à dire précisément le 8 novembre 2016, les américains éliront le successeur de Barack Obama.
Nous connaissons maintenant les deux candidats en lice : il s'agit d'Hillary CLINTON (la femme de Bill lui même président de 1993 à 2001) et de Donald TRUMP.




Ceci posé, deux attitudes possibles :

     -On s'en fout ;
     -On s'inquiète.

-On s'en fout : bien que nous n'ayons aucun moyen d’influer sur le résultat, nous devrions quand même nous en préoccuper, car même si l'influence de l'Oncle Sam n'est plus la même que dans les décennies passées, quand les Etats-Unis s'enrhument, c'est toute la planète qui frissonne...
-On s'inquiète : car malgré son prénom, Donald n'a rien d'un Mickey, et dans l'univers Disney, il serait plutôt Pat Hibulaire.
En France, mis à part quelques turlupins qui veulent se singulariser comme d'habitude (suivez mon regard), Hillary Clinton emporte largement tous les suffrages. Blonde, femme, sympathique, elle semble avoir tous les atouts en main pour gagner cette élection haut la main.
Michael Moore, écrivain et un réalisateur américain de documentaires engagés est un fin connaisseur de la société américaine. Ecologiste et démocrate, il livre ci-dessous son analyse quand au résultat de l'élection.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas vraiment optimiste.
Lisez son billet jusqu'au bout. Oui, c'est très long, mais il faut prendre le temps, et lorsque vous aurez terminé, vous serez probablement comme moi : très inquiet !

"Chers amis, chères amies,

Je suis désolé d'être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l'été dernier lorsque j'ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j'ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l'élection du mois de novembre.

Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. Le président Trump. Allez, dites-le tous en chœur, car il faudra bien vous y habituer au cours des quatre prochaines années: "PRÉSIDENT TRUMP!"

Jamais de toute ma vie n'ai-je autant voulu me tromper.


Je vous observe attentivement en ce moment. Vous agitez la tête en disant: "Non Mike, ça n'arrivera pas!". Malheureusement, vous vivez dans une bulle. Ou plutôt dans une grande caisse de résonance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Américains n'éliront pas cet idiot de Trump. Vous alternez entre la consternation et la tentation de tourner au ridicule son plus récent commentaire, lorsque ce n'est pas son attitude narcissique.

Par la suite, vous écoutez Hillary et envisagez la possibilité que nous ayons pour la première fois une femme à la présidence. Une personne respectée à travers le monde, qui aime les enfants et poursuivra les politiques entreprises par Obama. Après tout, n'est-ce pas ce que nous voulons? La même chose pour quatre ans de plus?

Il est temps de sortir de votre bulle pour faire face à la réalité. Vous aurez beau vous consoler avec des statistiques (77 % de l'électorat est composé de femmes, de personnes de couleur et d'adultes de moins de 35 ans, et Trump ne remportera la majorité d'aucun de ces groupes), ou faire appel à la logique (les gens ne peuvent en aucun cas voter pour un bouffon qui va à l'encontre de leurs propres intérêts), ça ne restera qu'un moyen de vous protéger d'un traumatisme. C'est comme lorsque vous entendez un bruit d'arme à feu et pensez qu'un pneu a éclaté ou que quelqu'un joue avec des pétards. Ce comportement me rappelle aussi les premières manchettes publiées le 11 septembre, annonçant qu'un petit avion a heurté accidentellement le World Trade Center.


"Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera."
Nous avons besoin de nouvelles encourageantes parce que le monde actuel est un tas de merde, parce qu'il est pénible de survivre d'un chèque de paie à l'autre, et parce que notre quota de mauvaises nouvelles est atteint. C'est la raison pour laquelle notre état mental passe au neutre lorsqu'une nouvelle menace fait son apparition.

C'est la raison pour laquelle les personnes renversées par un camion à Nice ont passé les dernières secondes de leur vie à tenter d'alerter son conducteur: "Attention, il y a des gens sur le trottoir!"

Eh bien, mes amis, la situation n'a rien d'un accident. Si vous croyez encore qu'Hillary Clinton va vaincre Trump avec des faits et des arguments logiques, c'est que vous avez complètement manqué la dernière année, durant laquelle 16 candidats républicains ont utilisé cette méthode (et plusieurs autres méthodes moins civilisées) dans 56 élections primaires sans réussir à arrêter le mastodonte. Le même scénario est en voie de se répéter l'automne prochain. La seule manière de trouver une solution à ce problème est d'admettre qu'il existe en premier lieu.

Comprenez-moi bien, j'entretiens de grands espoirs pour ce pays. Des choses ont changé pour le mieux. La gauche a remporté les grandes batailles culturelles. Les gais et lesbiennes peuvent se marier. La majorité des Américains expriment un point de vue libéral dans presque tous les sondages. Les femmes méritent l'égalité salariale? Positif. L'avortement doit être permis? Positif. Il faut des lois environnementales plus sévères? Positif. Un meilleur contrôle des armes à feu? Positif. Légaliser la marijuana? Positif. Le socialiste qui a remporté l'investiture démocrate dans 22 États cette année est une autre preuve que notre société s'est profondément transformée. À mon avis, il n'y a aucun doute qu'Hillary remporterait l'élection haut la main si les jeunes pouvaient voter avec leur console X-box ou Playstation.

Hélas, ce n'est pas comme ça que notre système fonctionne. Les gens doivent quitter leur domicile et faire la file pour voter. S'ils habitent dans un quartier pauvre à dominante noire ou hispanique, la file sera plus longue et tout sera fait pour les empêcher de déposer leur bulletin dans l'urne. Avec pour résultat que le taux de participation dépasse rarement 50 % dans la plupart des élections. Tout le problème est là. Au mois de novembre, qui pourra compter sur les électeurs les plus motivés et inspirés? Qui pourra compter sur des sympathisants en liesse, capables de se lever à 5 heures du matin pour s'assurer que tous les Tom, Dick et Harry (et Bob, et Joe, et Billy Bob et Billy Joe) ont bel et bien voté? Vous connaissez déjà la réponse. Ne vous méprenez pas: aucune campagne publicitaire en faveur d'Hillary, aucune phrase-choc dans un débat télévisé et aucune défection des électeurs libertariens ne pourra arrêter le train en marche.

Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner :

1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille


Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États "bleus" de la région des Grands Lacs, c'est-à-dire le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces quatre États traditionnellement démocrates ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010, et seule la Pennsylvanie a opté pour un démocrate depuis ce temps. Lors de l'élection primaire du mois de mars, plus de résidents du Michigan se sont déplacés pour choisir un candidat républicain (1,32 million) qu'un candidat démocrate (1,19 million).

Dans les plus récents sondages, Trump devance Clinton en Pennsylvanie. Et comment se fait-il qu'il soit à égalité avec Clinton en Ohio, après tant d'extravagances et de déclarations à l'emporte-pièce? C'est sans doute parce qu'il a affirmé (avec raison) qu'Hillary a contribué à détruire la base industrielle de la région en appuyant l'ALÉNA. Trump ne manquera pas d'exploiter ce filon, puisque Clinton appuie également le PTP et de nombreuses autres mesures qui ont provoqué la ruine de ces quatre États.

Durant la primaire du Michigan, Trump a posé devant une usine de Ford et menacé d'imposer un tarif douanier de 35 % sur toutes les voitures fabriquées au Mexique dans le cas où Ford y déménagerait ses activités. Ce discours a plu aux électeurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a menacé de contraindre Apple à fabriquer ses iPhone aux États-Unis plutôt qu'en Chine, leur cœur a basculé et Trump a remporté une victoire qui aurait dû échoir au gouverneur de l'Ohio John Kasich.


L'arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l'équivalent du centre de l'Angleterre. Ce paysage déprimant d'usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l'ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.

Voilà donc comment le scénario du Brexit est en train de se reproduire. Le charlatan Elmer Gantry se pose en Boris Johnson, faisant tout pour convaincre les masses que l'heure de la revanche a sonné. L'outsider va faire un grand ménage! Vous n'avez pas besoin de l'aimer ni d'être d'accord avec lui, car il sera le cocktail molotov que vous tirerez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escroqué! Vous devez envoyer un message clair, et Trump sera votre messager!

Passons maintenant aux calculs mathématiques. En 2012, Mitt Romney a perdu l'élection présidentielle par une marge de 64 voix du Collège électoral. Or, la personne qui remportera le scrutin populaire au Michigan, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin récoltera exactement 64 voix. Outre les États traditionnellement républicains, qui s'étendent de l'Idaho à la Géorgie, tout ce dont Trump aura besoin pour se hisser au sommet ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Floride, le Colorado ou la Virginie. Il n'en a même pas besoin.
"Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable."

2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère

Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer. Une femme risque de prendre le pouvoir! Comment en est-on arrivés là, sous notre propre règne? Nous avons ignoré de trop nombreux avertissements. Ce traître féministe qu'était Richard Nixon nous a imposé le Titre IX, qui interdit toute discrimination sur la base du genre dans les programmes éducatifs publics. Les filles se sont mises à pratiquer des sports. Nous les avons laissées piloter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyoncé a envahi le terrain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décréter la fin de notre règne!

Cette incursion dans l'esprit des mâles blancs en danger évoque leur crainte du changement. Ce monstre, cette "féminazie" qui - comme le disait si bien Trump - "saigne des yeux et de partout où elle peut saigner" a réussi à s'imposer. Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu'une femme nous mène par le bout du nez? Et après? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes? Des transgenres? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c'est assez!

3. Hillary est un problème en elle-même


Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j'aime bien Hillary Clinton. Je crois qu'elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j'ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd'hui pour éviter qu'un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu'Hillary Clinton va nous entraîner dans d'autres aventures militaires, car elle est un "faucon" perché à droite d'Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe? Poser la question, c'est y répondre.

Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c'est-à-dire l'art de raconter n'importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque principe que ce soit. Elle a lutté contre le mariage gay à une certaine époque, pour maintenant célébrer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détractrices sont les jeunes femmes. C'est injuste, dans la mesure où Hillary et d'autres politiciennes de sa génération ont dû lutter pour que les filles d'aujourd'hui ne soient plus encouragées à se taire et rester à la maison par les Barbara Bush de ce monde. Mais que voulez-vous, les jeunes n'aiment pas Hillary.

Pas une journée ne passe sans que des milléniaux me disent qu'ils ne l'appuieront pas. Je conviens qu'aucun démocrate ou indépendant ne sera enthousiaste à l'idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague suscitée par l'élection d'Obama et la candidature de Sanders ne reviendra pas. Mais au final, l'élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d'un net avantage à cet effet.

"Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras."
4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders

Ne vous inquiétez pas des partisans de Sanders qui ne voteront pas pour Hillary Clinton. Le fait est que nous serons nombreux à voter pour elle! Les sondages indiquent que les partisans de Sanders qui prévoient de voter pour Hillary sont déjà plus nombreux que les partisans d'Hillary ayant reporté leur vote sur Obama en 2008. Le problème n'est pas là. Si une alarme doit sonner, c'est à cause du "vote déprimé". En d'autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l'effort d'aller voter ne fera pas l'effort de convaincre cinq autres personnes d'en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de bénévolat chaque mois, et n'expliquera pas sur un ton enjoué pourquoi il votera pour Hillary.

Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras.

Les jeunes ne voteront pas davantage pour Trump. Certains voteront pour un candidat indépendant, mais la plupart choisiront tout simplement de rester à la maison. Hillary doit leur donner une bonne raison de bouger. Malheureusement, je ne crois pas que son choix de colistier soit de nature à convaincre les milléniaux. Un ticket de deux femmes aurait été beaucoup plus audacieux qu'un gars blanc, âgé, centriste et sans saveur. Mais Hillary a misé sur la prudence, et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de sa capacité à s'aliéner les jeunes.

5. L'effet Jesse Ventura

Pour conclure, ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu'ils se retrouvent seuls dans l'isoloir. Dans notre société, l'isoloir est l'un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d'enfants, d'épouse, de patron et de policiers! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit.

Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote. C'est pour cette raison que des millions d'Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu'ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu'ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

Vous souvenez-vous de 1998, année où un lutteur professionnel est devenu gouverneur du Minnesota? Le Minnesota est l'un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l'humour assez particulier. Ils n'ont pas élu Jesse Ventura parce qu'ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l'ont fait parce qu'ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d'un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump.

Un homme m'a interpellé la semaine dernière, lorsque je rentrais à l'hôtel après avoir participé à une émission spéciale de Bill Maher diffusée sur HBO à l'occasion de la convention républicaine: "Mike, nous devons voter pour Trump. Nous DEVONS faire bouger les choses!" C'était là l'essentiel de sa réflexion. 
Faire bouger les choses. Le président Trump sera l'homme de la situation, et une grande partie de l'électorat souhaite être aux premières loges pour assister au spectacle.

La semaine prochaine, je vous parlerai du talon d'Achille de Donald Trump et des stratégies que nous pouvons employer pour lui faire perdre l'élection.

Cordialement",


Michael Moore

Ce billet de blog a initialement été publié sur The Huffington Post et traduit de l'anglais par Pierre-Etienne Paradis.

Carte publiée le 2/08/2016 :





vendredi 22 juillet 2016

Et si on chiait aux toilettes du travail, simplement ?

Par ces temps de grande incertitude où chacun se demande de quoi demain sera fait, il n'est pas inutile de desserrer l'étau qui nous oppresse. Et quel meilleur moyen que le rire ? 
Voici un billet trouvé sur le net qui pose une question très intéressante :  et si on chiait aux toilettes du travail, simplement ?

C’est un sujet délicat, presque loufoque, mais une fois traité avec sagesse et pragmatisme, cela pourrait changer votre vie. Je m’adresse ici à ceux que l’idée d’utiliser les toilettes du bureau rebute, ceux pour qui la partie sanitaire de leur logement sera à priori la seule qui trouvera grâce à leurs yeux.
Malheureusement, cette contrainte que l’on s’impose à soi-même a des conséquences, plutôt négatives. Effectivement, dès le moment où un besoin d’évacuation se fait sentir, votre journée de travail s’en trouvera nettement plus rude. Inconsciemment, une partie de votre cerveau sera occupé à contenir cette envie, à faire le nécessaire pour l’oublier … et bien souvent en vain. Et oui, quand on a le cigare au bord des lèvres, il n’y a qu’une solution pour aller mieux.
Vous avez même développé des techniques pour réduire ce besoin et le rendre vivable, techniques pratiquées par beaucoup mais secrètes tout de même. Je vais les dévoiler pour que les non-initiés puissent les appliquer en situation d’urgence : lâcher une petite série de flatulences discrètes, ce qui permet efficacement de réduire la pression que vous sentez. Cela permet de vous donner un sentiment de libération allant de 5 à 15 min, avant que la « douleur » ne revienne. Attention, il faut choisir son moment, son lieu (de préférence dehors), et contrôler la puissance. Une erreur de gestion de la pression est vite arrivée, et les conséquences peuvent être dramatiques (vous voyez ce que nous voulons dire).
Le mieux reste encore de garder l’esprit libre, et de vous libérer quand bon vous semble, quand le besoin de fait ressentir. Mais pourtant non, vous ne le faites pas. Vous vous obstinez à être convaincu que les toilettes du travail, c’est pour la petite commission, et seulement en cas d’extrême urgence, le reste.
Et pourquoi ?
Nous vous voyons venir : ça pue, ce n’est pas hygiénique, les collègues ne sont pas loin … des arguments recevables, il faut bien l’admettre. Nous allons maintenant essayer de vous convaincre de passer le cap. Bien entendu, chaque personne, chaque lieu de travail, chaque population environnante est différente. Si vous êtes chauffeur routier, notre argumentaire n’aura aucune valeur pour vous. Vous êtes employé de bureau ou bien technicien, peu importe, mais vous travaillez sur un lieu fixe, dans un bâtiment.
Notre premier conseil : Identifier les toilettes qui vous conviennent.
Pour la plupart d’entre vous, la société dans laquelle vous travaillez est de taille relativement importante, au minimum 50 employés. Si votre société respecte le code du travail, elle dispose donc d’un WC pour 15 employés, soit 3 au minium. Sachant que ceux-ci ne doivent pas être situés à plus de cent mètres du lieu de travail des employés, il y a des chances que ces WC se trouvent à des endroits différents. Parmi les choix disponibles donc, faites le vôtre. Allez voir lesquels sont les plus propres, les moins fréquentés, le plus loin de la machine à café. Contrôlez également si la quantité de papier est suffisante, et si le confort est tel qu’il y a un dispositif pour les odeurs, vous pourriez en avoir besoin.
Second conseil : Allez-y
C’est le moment de se lancer, ça y est. Vous revenez de pause cigarette et café, l’Eurostar est au bout du tunnel, vous aurez du mal à vous concentrer … c’est maintenant ou jamais. Vos collègues reprennent leur poste de travail, prenez votre téléphone personnel dans votre main (ils penseront que vous allez téléphoner), détachez-vous du groupe, et allez-y d’un pas sûr et décidé. Nous ne nous faisons pas d’inquiétude sur le fait que vous allez bien entendu inspecter la bête avant de vous assoir. Si besoin est (c’est très courant), posez du papier autour de la cuvette. Assurez-vous ensuite que la quantité restante sera suffisante pour ce que vous aurez à faire. C’est bon ? Parfait !
Troisième conseil : Contrôle du niveau sonore
Dans ce genre de situation, nous avons tendance à vouloir rester discret. Malheureusement, nous ne contrôlons pas toujours le bruit que nous pouvons faire. Si quelqu’un entre dans le bloc sanitaire alors que vous êtes sur le trône, paré à tout donner, il va falloir être judicieux. Voici les situations probables :
     -Il est venu se laver les mains. Cela ira vite. Vous pouvez soit attendre qu’il soit parti, ou bien, si la chance est de votre côté, il utilisera un sèche-mains très bruyant qui couvrira aisément le bruit de votre fardeau.
     -Il est venu pour la petite commission. La moins bonne situation. Il vous faudra soit être patient, soit abandonner votre couverture, à vous de voir. Mais s’il fait preuve d’un minimum d’hygiène, il utilisera probablement le sèche-main également.
     -Il est venu pour la même raison que vous. Alors là, aucune gêne à avoir, il a fait le même choix, donc aucun jugement de sa part. Sentez-vous libre de faire ce que vous voulez, vous sortirez probablement avant lui et ne saurez jamais de qui il s’agit. Ne traînez pas pour autant.
Quatrième conseil : Soyez observateur
Essayez de connaitre les habitudes de vos collègues et surtout, les heures de passages du personnel d’entretien. Vous voulez passer au moment où les WC sont à l’apogée de leur propreté ? C’est la solution. Si le personnel d’entretien passe à 10h30, allez fumer votre clope (qui d’après la légende est laxative) à 10h28 pour vous retrouver sur un trône impeccable à 10h33. Vous ne le regretterez pas.
Cinquième et dernier conseil : Soyez respectueux
Et oui, il n’y a rien de plus désagréable que de constater que les toilettes, qui sont à l’instant T la délivrance dont vous avez besoin, sont inutilisables car totalement dégueulasses. La personne avant vous s’est laissé aller et n’a pas complexé sur le fait de laisser sa trace. Ne faites pas la même chose. Jetez un coup d’œil derrière vous, utilisez la brosse si besoin, respectez ce lieu presque sacré dont quelqu’un d’autre aura besoin après vous. Ne le mettez pas dans la merde (oui, choix de mot volontaire, nous savons faire dans la subtilité).
Les pièges à éviter
     -Mettre du papier au fond pour limiter le niveau sonore. Une bonne idée à première vue, mais qui peut s’avérer regrettable si cela en vient à boucher les WC. Le plus gros échec lorsque l’on utilise des toilettes publiques ? Laisser un raz de marée avec une flopée de crocodiles flottant tranquillement.
     -Le téléphone portable, à mettre en silencieux impérativement. Si après avoir poussé bruyamment, votre téléphone personnel se met à sonner, l’anonymat ne sera plus préservé. Pensez-y !
     -La quantité de papier restante, déjà stipulée plus haut, mais très important. C’est la dernière des situations pour laquelle vous souhaitez l’aide de vos collègues.
Bien sûr la première fois vous ne serez pas à l’aise, la seconde fois non plus d’ailleurs. Mais avec l’habitude, vous n’y penserez même plus, vous irez quand vous en aurez besoin et c’est tout. Et ça vous changera la vie. 
Ironiquement, c’est le seul endroit de la société où personne ne viendra vous faire chier.
Si ce billet vous a détendu , voire soulagé, tant mieux, c'était le but...
Portez-vous bien et prenez soin de vous...
Source : http://www.jeramenelepain.com/